Nous sommes remontés au-dessus de l'équateur (pas de fête dans ce sens-la) et avons quitté le Pacifique pour ne plus sortir de l'hémisphère nord, adieu la Croix du Sud.
Nous traversons des mers aux noms lointains, mer de Salomon, mer de Bismarck, mer des Moluques, nous arrivons demain dans la mer des Célèbes pour relâcher dans le port de "Général Santos", tout au sud des Philippines. Pour combien de temps nul ne le sait, ce genre de question est tabou sous ces latitudes, en plus le commandant a l'air de mauvaise humeur, alors...
Seul événement notable de ces derniers jours : j'ai pris au petit déjeuner d'avant-hier un oeuf à la coque, le premier du voyage ! Parmi les passagers on en parle encore.
mercredi 4 février 2009
samedi 31 janvier 2009
CASOAR ET CHAUVE-SOURIS
Après l'île de New Britain nous avons eu deux escales sur l'île principale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans les ports de Lae puis Madang.
Lae a mauvaise réputation, elle est considérée comme une ville dangereuse, terrain de séquelles de luttes plus ou moins tribales ou plus simplement d'agressions de la part des "rascals" sans argent et violents. On nous avait prévenus : pas de balade individuelle, pas de promenade à pied dans la ville. Notre sortie a donc eu lieu en groupe dans une sorte de fourgon blindé d'un service de sécurité, aux vitres couvertes d'un grillage très serré, le vrai panier à salade. Aller-retour rapide vers un coin de forêt tropicale sur le domaine d'une Université, avec mur d'enceinte continu, rouleau de barbelés, gardes armés de fusils. Cool, le tourisme ! Seul élément notable de la petite collection de volatiles exotiques du mini-zoo : le casoar, sorte d'autruche noire courte sur pattes aux yeux jaunes méchants, au long bec très pointu et surtout au crâne multicolore et blindé, surmonté qu'il est par une grosse calcification lui servant de marteau-pilon. Drôle de bestiau...
Madang est beaucoup plus tranquille, dans une échancrure du rivage parsemée de petites îles à la jolie végétation (bon, si on aime les cocotiers, bien entendu). Joli marché, des dames y roulent des feuilles de tabac séché dans du papier-journal, cela fait les plus longues cigarettes du monde. La ville est occupée par des milliers de très grandes chauve-souris noires accrochées en haut des arbres, elles se ventilent en bougeant lentement leurs ailes immenses (environ 60 cm), le tableau d'ensemble est assez sinistre. Leur pépiement suraigu fait un boucan d'enfer. Elles envahissent la ville chaque après-midi, personne n'a jamais compris pourquoi. De leur fait l'aéroport local ferme a 16 heures. Quand je pense qu'Anduze se plaint de ses gentils passereaux des soirs d'été !
Double coup de sirène dans le port, le chargement est terminé, départ avec deux heures d'avance, tout le monde à bord, un cargo ça n'attend pas. Adieu la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Lae a mauvaise réputation, elle est considérée comme une ville dangereuse, terrain de séquelles de luttes plus ou moins tribales ou plus simplement d'agressions de la part des "rascals" sans argent et violents. On nous avait prévenus : pas de balade individuelle, pas de promenade à pied dans la ville. Notre sortie a donc eu lieu en groupe dans une sorte de fourgon blindé d'un service de sécurité, aux vitres couvertes d'un grillage très serré, le vrai panier à salade. Aller-retour rapide vers un coin de forêt tropicale sur le domaine d'une Université, avec mur d'enceinte continu, rouleau de barbelés, gardes armés de fusils. Cool, le tourisme ! Seul élément notable de la petite collection de volatiles exotiques du mini-zoo : le casoar, sorte d'autruche noire courte sur pattes aux yeux jaunes méchants, au long bec très pointu et surtout au crâne multicolore et blindé, surmonté qu'il est par une grosse calcification lui servant de marteau-pilon. Drôle de bestiau...
Madang est beaucoup plus tranquille, dans une échancrure du rivage parsemée de petites îles à la jolie végétation (bon, si on aime les cocotiers, bien entendu). Joli marché, des dames y roulent des feuilles de tabac séché dans du papier-journal, cela fait les plus longues cigarettes du monde. La ville est occupée par des milliers de très grandes chauve-souris noires accrochées en haut des arbres, elles se ventilent en bougeant lentement leurs ailes immenses (environ 60 cm), le tableau d'ensemble est assez sinistre. Leur pépiement suraigu fait un boucan d'enfer. Elles envahissent la ville chaque après-midi, personne n'a jamais compris pourquoi. De leur fait l'aéroport local ferme a 16 heures. Quand je pense qu'Anduze se plaint de ses gentils passereaux des soirs d'été !
Double coup de sirène dans le port, le chargement est terminé, départ avec deux heures d'avance, tout le monde à bord, un cargo ça n'attend pas. Adieu la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
mardi 27 janvier 2009
ENTRE DEUX ILES, DES LECTURES
Un jour complet en mer, il y avait un certain temps que cela ne nous était pas arrivé. Après Rabaul-la-grise nous avons fait escale à Kimbe, autre ville de la même île. Rien de spécial à en dire, sinon que j'ai vu un énorme crocodile dans une cage, la voisine étant cyniquement occupée par des centaines de canards.
Entre les deux un vague treillage seulement. Alors, au choix :
1) le crocodile a déjà mangé tellement de canards qu'il en a marre et ne les regarde même plus ?
2) c'est le seul crocodile végétarien au monde ?
3) il s'agit d'un test philosophique sur l'union des contraires, genre yin et yang ?
Pendant ce temps le cargo pompait des milliers de tonnes d'huile de palme.
Je profite de ce moment suspendu pour vous parler de mes lectures. L'espace-temps local se partage en deux :
- dans ma cabine je lis ce que j'ai stocke sur mon ordinateur avant le départ, donc de la vieillerie en libre-accès : Balzac, Dumas, Hugo, Verne et les autres, ces géants de la littérature. Pour les bretons qui ne l'auraient pas encore lu je recommande instamment "1793" du cher vieux Victor, quel souffle, quel génie des mots et de l'assemblage des mots les plus tragiques !
- sur les ponts, au soleil ou à l'abri selon le temps, les "vrais livres", presque tous sur les grandes horreurs de notre petit monde contemporain. En vrac John Le Carré et la paranoïa anti-terroriste, Roberto Saviano et le règne de la Camorra, Eric Schlosser et la gangrène du Fast-Food, Littel père sur la CIA ou fils sur le nazisme tranquille, n'en jetez plus, l'océan est plein...
Un rayon de rire au travers de tant de sombres nuées littéraires : PG Wodehouse et son inimitable Jeeves, caustique description de la "bonne" société anglaise d'avant-guerre. Mais quand je regarde mon îlot britannique ambulant, je constate que les sociétés archaïques ont bien des survivances, pas seulement chez les papous.
Entre les deux un vague treillage seulement. Alors, au choix :
1) le crocodile a déjà mangé tellement de canards qu'il en a marre et ne les regarde même plus ?
2) c'est le seul crocodile végétarien au monde ?
3) il s'agit d'un test philosophique sur l'union des contraires, genre yin et yang ?
Pendant ce temps le cargo pompait des milliers de tonnes d'huile de palme.
Je profite de ce moment suspendu pour vous parler de mes lectures. L'espace-temps local se partage en deux :
- dans ma cabine je lis ce que j'ai stocke sur mon ordinateur avant le départ, donc de la vieillerie en libre-accès : Balzac, Dumas, Hugo, Verne et les autres, ces géants de la littérature. Pour les bretons qui ne l'auraient pas encore lu je recommande instamment "1793" du cher vieux Victor, quel souffle, quel génie des mots et de l'assemblage des mots les plus tragiques !
- sur les ponts, au soleil ou à l'abri selon le temps, les "vrais livres", presque tous sur les grandes horreurs de notre petit monde contemporain. En vrac John Le Carré et la paranoïa anti-terroriste, Roberto Saviano et le règne de la Camorra, Eric Schlosser et la gangrène du Fast-Food, Littel père sur la CIA ou fils sur le nazisme tranquille, n'en jetez plus, l'océan est plein...
Un rayon de rire au travers de tant de sombres nuées littéraires : PG Wodehouse et son inimitable Jeeves, caustique description de la "bonne" société anglaise d'avant-guerre. Mais quand je regarde mon îlot britannique ambulant, je constate que les sociétés archaïques ont bien des survivances, pas seulement chez les papous.
samedi 24 janvier 2009
POMPEI PAPOU

En 1994 Rabaul avait environ 30.000 habitants. Les signes avant-coureurs d'une grosse éruption ont permis l'évacuation rapide de cette population juste à temps.
Aujourd'hui cette ville n'existe plus. En trois jours la cendre a tout écrasé, tout nivelé. La plus grande avenue n'est plus qu'une double tranchée entre des congères de cendres. Sur une éminence une rotonde avec balustrade en béton domine de son orgueil brisé une plaine grise. Les anciennes rues sont effacées, le seul chemin sur pour les véhicules est balisé par des bâtons avec des sacs en plastique en guise de fanions. Ici ou là émerge le squelette de béton d'une banque ou d'une administration. Les escaliers du grand cinéma ont été dégagés mais ils ne mènent plus nulle part. Un panneau dérisoire indique encore le chemin d'un Yacht-Club effacé.
Voir Pompei d'il y a 2000 ans c'est pittoresque et instructif. Mais voir Rabaul d'il y a 15 ans cela serre le coeur. Le guide de la bibliothèque du bord est de 1990, d'avant le déluge noir et gris : il vante les charmes de cette ville hospitalière, en plein développement.
En 1943 Rabaul était la principale forteresse des japonais dans le Pacifique. Plus de 100.000 soldats y avaient fait creuser par leurs prisonniers et la population locale des centaines de kilomètres de galeries souterraines. Ile forteresse si bien défendue que les américains ne l'avaient même pas attaquée, se bornant à la bombarder intensément. Rabaul avait été entièrement rasée... S'il y a des lieux maudits, Rabaul en est un.
Normalement ce sol de cendres devrait être fertile, mais pas ici car de la nouvelle cendre continue à se déposer couche après couche, sous le vent des éruptions quasi permanentes.
L'ancienne ville n'est plus rien qu'un désastre, des préfabriqués ont repoussé a l'ouest, là ou il restait encore des traces de rues, de nouvelles villes se sont développées plus loin. La poussière de cendres est partout mais de beaux enfants couleur chocolat plongent dans l'eau turquoise de la baie, le soleil tape fort sur les parapluies multicolores des matrones des marchés, les jeunes gens sont rieurs. Comme partout, avec ou sans volcan.
jeudi 22 janvier 2009
AU DESSOUS DU VOLCAN
Nous sommes arrivés dans l'après-midi à Rabaul, ile de New-Britain, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Or cette petite ville a la rare et peu enviable caractéristique de se trouver en plein centre d'un vaste champ de volcans dont l'un, le Tavurvur, est encore actif, très actif. Après une grosse éruption en 1994, qui a pratiquement détruit la ville, les habitants ont plus ou moins reconstruit ce qu'ils ont pu au même endroit.
De très loin nous avons pu voir les volutes de fumée monter au-dessus de l'océan, puis, en nous rapprochant, les détails se sont précisés : toutes les quelques minutes une nouvelle éruption envoie dans le ciel un gros bouchon noir et gris de cendres, il est précédé ou accompagné de projections de pierres noires.
Le volcan actuel est assez bas, environ 200 mètres, il est dominé par ses voisins et prédécesseurs plus imposants.
Passagers et marins qui le peuvent sont sur les ponts pour ne rien perdre de ce spectacle très impressionnant, jusqu'au moment où une saute de vent nous met directement sous le nuage de cendres, comme une grêle de sable gris, fuite générale vers l'intérieur.
Le bateau se met à quai, nous sommes a cinq kilomètres du cratère et plus ou moins sous ses fumées, cela dépend du vent. Le travail des dockers commence aussitôt, il y a 150 conteneurs a décharger et autant à charger ensuite.
La nuit venue on voit le cratère rougeoyer quand il a une éruption, de temps à autre c'est un vrai feu d'artifice de pierres incandescentes qui montent en colonne avant de retomber en dessinant le profil des pentes du volcan.
Il neige de la cendre sans interruption, le bateau est déjà tout gris.
Demain, si c'est possible, nous sortirons en minibus pour voir un peu la ville et une partie de l'ile.
De très loin nous avons pu voir les volutes de fumée monter au-dessus de l'océan, puis, en nous rapprochant, les détails se sont précisés : toutes les quelques minutes une nouvelle éruption envoie dans le ciel un gros bouchon noir et gris de cendres, il est précédé ou accompagné de projections de pierres noires.
Le volcan actuel est assez bas, environ 200 mètres, il est dominé par ses voisins et prédécesseurs plus imposants.
Passagers et marins qui le peuvent sont sur les ponts pour ne rien perdre de ce spectacle très impressionnant, jusqu'au moment où une saute de vent nous met directement sous le nuage de cendres, comme une grêle de sable gris, fuite générale vers l'intérieur.
Le bateau se met à quai, nous sommes a cinq kilomètres du cratère et plus ou moins sous ses fumées, cela dépend du vent. Le travail des dockers commence aussitôt, il y a 150 conteneurs a décharger et autant à charger ensuite.
La nuit venue on voit le cratère rougeoyer quand il a une éruption, de temps à autre c'est un vrai feu d'artifice de pierres incandescentes qui montent en colonne avant de retomber en dessinant le profil des pentes du volcan.
Il neige de la cendre sans interruption, le bateau est déjà tout gris.
Demain, si c'est possible, nous sortirons en minibus pour voir un peu la ville et une partie de l'ile.
lundi 19 janvier 2009
ILE DE GUADALCANAL - VILLE D'HONIARA
Nous sommes restés deux jours à quai dans cette ville. Le premier était un dimanche très pluvieux, pas de chargement possible, tout était fermé sauf les églises, immenses et bondées des nombreuses religions, ainsi que les magasins ou restaurants chinois. Le long du port, très grands mouvements de bateaux divers aussi délabrés les uns que les autres, emportant ailleurs des foules colorées et des amas de marchandises.
Lundi temps magnifique, à quelques uns nous avons fait un tour sur les sites des furieuses batailles de 1942-43. C'est la qu'américains et japonais se battirent à terre pour la première fois. L'ile de Guadalcanal, d'abord occupée par les japonais, contrôlait des lignes de communications vitales entre l'Australie et les Etats-Unis, d'où l'acharnement des combats finalement gagnés par les américains. Des dizaines de milliers de morts, une cinquantaine de bateaux coulés dans la baie. Mais les traces de cette guerre disparaissent, peu de monuments commémoratifs, très tardifs au demeurant. C'est une entreprise japonaise de travaux publics qui a construit celui des américains, business is business.
Guadalcanal fait partie de l'archipel des Iles Salomon, ainsi nommées au 17ème siècle d'après une légende de Papouasie situant vers l'Orient des îles aux grands trésors. Grosse déception initiale, mais l'ironie veut qu'on y ait découvert trois cents ans plus tard d'importantes mines d'or, maintenant épuisées. Comme quoi, avec un peu de patience... En attendant les deux ressources principales restent ici le thon, en voie de raréfaction, et le coprah, dont le prix a été divisé par deux en huit ans. Bienvenue dans le 21ème siècle !
Prochaine escale à Rabaul, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. L'aéroport vient d'y être fermé pour cause d'excès de cendres projetées par le volcan local, toujours actif.
Lundi temps magnifique, à quelques uns nous avons fait un tour sur les sites des furieuses batailles de 1942-43. C'est la qu'américains et japonais se battirent à terre pour la première fois. L'ile de Guadalcanal, d'abord occupée par les japonais, contrôlait des lignes de communications vitales entre l'Australie et les Etats-Unis, d'où l'acharnement des combats finalement gagnés par les américains. Des dizaines de milliers de morts, une cinquantaine de bateaux coulés dans la baie. Mais les traces de cette guerre disparaissent, peu de monuments commémoratifs, très tardifs au demeurant. C'est une entreprise japonaise de travaux publics qui a construit celui des américains, business is business.
Guadalcanal fait partie de l'archipel des Iles Salomon, ainsi nommées au 17ème siècle d'après une légende de Papouasie situant vers l'Orient des îles aux grands trésors. Grosse déception initiale, mais l'ironie veut qu'on y ait découvert trois cents ans plus tard d'importantes mines d'or, maintenant épuisées. Comme quoi, avec un peu de patience... En attendant les deux ressources principales restent ici le thon, en voie de raréfaction, et le coprah, dont le prix a été divisé par deux en huit ans. Bienvenue dans le 21ème siècle !
Prochaine escale à Rabaul, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. L'aéroport vient d'y être fermé pour cause d'excès de cendres projetées par le volcan local, toujours actif.
vendredi 16 janvier 2009
VANUATU - VILLE DE SANTO
Toute petite ville que Santo, une seule longue rue sur laquelle se trouvent tous les commerces, le port à un bout et le marché à l'autre. La monnaie locale, le Vatou, est bilingue anglais-francais, les habitants parlent divers dialectes et le pidgin, genre d'anglais phonétique simplifié. "Merci beaucoup" se dit par exemple "Sankia toumas". Les panneaux d'interdiction portent le mot TABU.
La grande affaire pour les hommes du pays c'est le kava. Liqueur non alcoolique extraite d'une racine du même nom, c'est une drogue légale largement consommée dans les bars à kava ou dans les cases communautaires des villages. Autrefois c'étaient les jeunes garçons qui préparaient ce breuvage en mâchant longuement les racines. Le kava a des propriétés anesthésiantes et oniriques, il ne rend pas violent et provoque le sommeil. Il a l'apparence et l'odeur d'une vieille eau de vaisselle, au goût c'est pire encore. Je vous raconte tout cela pour votre formation ethnographique car pour ma part je n'en ai pas vu, je n'en ai pas bu, mais j'en ai beaucoup entendu causer.
Santo a été en 1942-43 une base importante des américains pour leur lente reconquête du Pacifique, des centaines de milliers de soldats y sont passés dont John Kennedy dont le patrouilleur y était basé. Ici et la traînent des vestiges de ce temps, hangars semi-tubulaires en tôle ondulée qui servent encore, pistes d'atterrissage mangées par la végétation, débris rouillés de véhicules ou d'équipements.
La seule ressource touristique de l'ile est la plongée sous-marine, mais ce marche s'écroule, trop loin de tout, trop pauvre, pas assez à la mode.
Il y a sur le bord de la ville un petit casino qui ne paye pas de mine, c'est sans doute le seul au monde où l'on puisse jouer son Vatou sans craindre de se ruiner...
La grande affaire pour les hommes du pays c'est le kava. Liqueur non alcoolique extraite d'une racine du même nom, c'est une drogue légale largement consommée dans les bars à kava ou dans les cases communautaires des villages. Autrefois c'étaient les jeunes garçons qui préparaient ce breuvage en mâchant longuement les racines. Le kava a des propriétés anesthésiantes et oniriques, il ne rend pas violent et provoque le sommeil. Il a l'apparence et l'odeur d'une vieille eau de vaisselle, au goût c'est pire encore. Je vous raconte tout cela pour votre formation ethnographique car pour ma part je n'en ai pas vu, je n'en ai pas bu, mais j'en ai beaucoup entendu causer.
Santo a été en 1942-43 une base importante des américains pour leur lente reconquête du Pacifique, des centaines de milliers de soldats y sont passés dont John Kennedy dont le patrouilleur y était basé. Ici et la traînent des vestiges de ce temps, hangars semi-tubulaires en tôle ondulée qui servent encore, pistes d'atterrissage mangées par la végétation, débris rouillés de véhicules ou d'équipements.
La seule ressource touristique de l'ile est la plongée sous-marine, mais ce marche s'écroule, trop loin de tout, trop pauvre, pas assez à la mode.
Il y a sur le bord de la ville un petit casino qui ne paye pas de mine, c'est sans doute le seul au monde où l'on puisse jouer son Vatou sans craindre de se ruiner...
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