jeudi 15 janvier 2009

VANUATU - ILE D'ESPIRITU SANTO

Là nous avons enfin fait les touristes, comme il se doit quand même de temps en temps. La compagnie nous a offert un tour en minibus, j'ai mis pour l'occasion ma chemise à grosses fleurs de couleurs vives, celle que j'ai achetée dans une ile précédente et que je ne suis pas certain de pouvoir porter à Paris.
Nous avons traversé des cocoteraies pleines de cocotiers sous lesquels paissent tranquillement des boeufs charolais, les deux produits d'exportation de l'ile étant le coprah (écorce séchée de noix de coco) et la viande.
Les voitures roulent a droite ("The wrong side" disent nos aimables anglais), ce qui est exceptionnel sous ces latitudes, voila pourquoi : vers 1900 les français et les anglais avaient décidé d'administrer ensemble ces îles, à l'époque les Nouvelles Hébrides. Mais de quel côté de la route faire circuler les voitures ? Après les échanges cordiaux, fermes mais néanmoins courtois, qu'on peut supposer, les co-gouverneurs locaux décidèrent dans leur sagesse de s'en remettre au hasard. Ce serait la première voiture à débarquer qui en déciderait, ce fut celle d'un missionnaire français...
Je vous laisse imaginer la baignade dans l'eau turquoise d'une plage appelée Champagne au délicat sable blanc, le pique-nique sous les flamboyants avec des ananas, papayes et autres mangues locales, si j'insiste trop je crains pour votre tension de malheureux hivernants.
Retour sous la pluie dense d'un petit orage tropical, le temps varie très vite ici et le ciel change en quelques minutes son azur radieux contre de gros nuages noirs qui crèvent sur votre tête ou vont rapidement voir plus loin.
En revenant au bateau nous apprenons qu'a cause de la pluie le chargement du coprah, très lent et compliqué du fait des faibles moyens techniques locaux, a plusieurs fois été interrompu, nous serons encore ici demain matin.
Donc à suivre...

mardi 13 janvier 2009

UNE SI JOLIE PETITE BAIE

Arrivés à Port-Vila (Vanuatu) en fin d'après-midi nous avons pu admirer sa jolie petite baie, et puis l'admirer encore et encore... Car après y avoir jeté l'ancre, à cause d'un vilain gros cargo tout rouillé qui occupait déjà le seul quai, nous avons dû attendre qu'il veuille bien dégager pour pouvoir prendre sa place. C'est ainsi que nous avons attendu toute la soirée (joli coucher de soleil sur la baie), la nuit (belle pleine lune sur la baie), le matin (charmant lever de soleil sur la baie), l'après-midi (chaleur lourde et humide dans la baie), et une autre soirée (attention aux moustiques de la baie).
Nous avons enfin accosté sur le fameux quai unique mais il faisait nuit, trop tard pour aller dans la ville qui se trouve loin du quai et tout au fond de la baie. Pas de taxis et plus rien d'ouvert.
Vous vous demandez peut-être pourquoi nous sommes restés sur notre bateau à l'ancre dans la baie tout au long d'une belle journée, à moins de cent mètres du rivage ? Nous aussi nous nous sommes posés cette intéressante question, la réponse étant qu'il n'était pas question de débarquer sans passer par la douane, or la guitoune de la douane est sur le quai et elle n'ouvre qu'après la mise à quai des bateaux, CQFD...
Travail des dockers et de l'équipage toute la nuit. Ceux qui ne sont pas de service pêchent à la lumière des projecteurs du bateau, demain on aura peut-être au menu du poisson de la baie.
Départ au petit matin avant 6 heures en raison de l'arrivée d'un navire de croisière, seigneur de la mer qui ne saurait attendre, lui !
Ainsi va la vie du voyageur en cargo.
Si l'Office du Tourisme de Port-Vila cherche un rédacteur pour la page "Notre magnifique baie" de sa brochure annuelle je suis candidat, j'estime avoir maintenant la qualification requise.

samedi 10 janvier 2009

NOUVLLE CALEDONIE - NOUMEA

Nous ne sommes restés qu'une journée à Nouméa, pas le temps de faire tout ce que j'aurais voulu. Mais comme le dit un proverbe kanak : "Il vaut mieux trouver une bonne papaye que deux mangues pourries".
Journée presque professionnelle pour moi. Après le marché dans lequel j'achète de la poudre de coco (la noix de, pas l'autre, qu'est-ce que vous croyez ?) je vais rendre visite a Pierre Faessel qui dirige la grande et belle librairie Montaigne, juste à l'un des bouts de la Place des Cocotiers, à l'autre bout ce n'est que l'Hôtel de Ville. Puis, après avoir acheté une règle et un compas pour mes dessins, je retrouve mes amis Cathie et Gilbert, chargés de préparer ici un ambitieux projet de Maison du Livre. Ils ont bon espoir de franchir les nombreux obstacles inhérents à tout projet fédérateur et novateur comme celui-ci pourrait l'être. Ils aiment la Nouvelle-Calédonie et la mer qui l'entoure. Délicieux déjeuner au bord de l'eau dans les restes aménagés d'un ancien bâtiment pénitentiaire.
Pour bien poursuivre un après-midi déjà fort entamé ils me conduisent au centre culturel Tjibaou, magnifique réalisation de l'architecte Renzo Piano, qui a su transformer le coin perdu qu'on lui concédait en exemplaire lieu de mémoire et d'espoir. Mais il faut le dire, de mon point de vue de visiteur superficiel, Nouméa semble avoir encore du chemin à faire sur la voie de l'intégration de la culture kanak dans sa vie urbaine : les rues et les statues sont par exemple toutes consacrées aux coloniaux civils et militaires les plus notoires, alors que dans les régions déjà abordées dans ce voyage, Iles Fidji, Nouvelle-Zélande, et même un peu Tahiti, un effort d'équilibrage ou de re-fondation est évident...
Départ le lendemain matin, le bateau évolue entre des iles totalement dépourvues de constructions, on a l'impression de les voir dans l'état où les ont découvertes les navigateurs des siècles passés.

mercredi 7 janvier 2009

LE VIF DU SUJET

Nous allons arriver à Nouméa, j'irai voir la librairie Montaigne avec qui je correspondais du temps lointain où j'étais parisien. Montaigne chez les kanaks, le choc des cultures pour le meilleur après avoir tant traîné du côté du pire ?
Nous entrerons ainsi dans ce qui réprésente la principale raison d'être de cette ligne de cargos, le cabotage d'une île à l'autre et, sur les rivages de ces îles, d'un port a l'autre. Nous irons au Vanuatu (Port-Vila et Santo), aux Iles Salomon (Guadalcanal/Honiara), en Papouasie-Nouvelle-Guinee (cinq ports successifs annoncés), aux Philippines (Général Santos), en Malaisie (Miri et Bintulu), à Singapour, puis retour en Malaisie avec le port de Klang, qui est l'ouverture sur la mer de Kuala-Lumpur. Et enfin, pas mal plus loin et beaucoup plus tard, Suez et Hambourg.
Que de noms exotiques et combien de micro-civilisations dont je n'avais qu'une très faible idée jusqu'ici ! Heureusement des passagers précédents ont laissé dans la bibliothèque du bord divers livres et guides, ce qui permet d'aller sur le motif avec quelques précieuses informations.
Bien évidemment tout cela reste sujet à modifications inopinées selon les chargements et le temps. Car, comme le commandant ne cesse de le rappeler à nos cerveaux amortis par l'âge et engourdis par le roulis : "We are on a cargo-ship...".

lundi 5 janvier 2009

NOUVELLE ZELANDE - AUCKLAND


Nous sommes arrivés à Auckland un beau dimanche d'été tout ensoleillé, c'est une vraie petite Californie. Des millions de cyclistes, ceux qui ne pédalent pas font du jogging, les autres se livrent à divers sports. Quelques déviants glandent sur l'herbe des nombreux beaux parcs, tout simplement. Les gratte-ciels enrobés de verre qui entourent sur les collines de vieilles maisons victoriennes en bois renforcent l'impression d'être a San-Francisco.
Une épuisante tournée des musées m'a précisé l'histoire des Maoris, qui occupaient ces îles avant l'arrivée spoliatrice des européens. Merveilleux sculpteurs sur bois, malgré l'absence d'outils en métal, pour leurs maisons cérémonielles ou leurs bateaux.
Pour l'équipage du cargo les journées d'escale sont épuisantes car elles se passent à décharger puis recharger les soutes et les ponts. Ceux qui ne sont pas à la manutention réparent ou repeignent tout ce qui n'est pas accessible pendant les jours de mer.
Quatre passagers nous ont quittés, pour reprendre un bateau suivant de la même ligne dans un ou deux mois. Un autre nous a rejoints, un finnois, vieil habitué des voyages en mer, sur voiliers ou cargos. Et deux nouveaux cadets se sont ajoutes aux deux premiers, je suppose qu'ils savent déjà qu'ils vont dérouiller...
C'était étrange de se retrouver dans une grande ville moderne. Et c'est vrai qu'on garde l'impression que le sol tangue ou roule toujours un peu. Par prudence je me suis donc abstenu de faire du vélo.

samedi 3 janvier 2009

DEUX OU TROIS CHOSES QUE JE SAIS D'ELLE

La Nouvelle-Zélande, notre nouvelle escale demain, se situe résolument dans les confins obscurs de ma culture, je n'ai en tête à son propos que deux ou trois clichés, les kiwis, les moutons, les all-blacks et presque rien d'autre.
Notre traversée droit vers le sud a changé la position des couchers de soleil, ils se trouvent maintenant à tribord (que j'arrive maintenant à identifier sans trop me tromper, ce n'est pas comme la latitude et la longitude que je mélange encore).
Avant de toucher terre à Auckland nous passerons successivement entre les îles des trois rois et celle des trois chevaliers. Riche symbolique sans doute, moins directement intelligible que celle de la barrière des récifs de corail, dont je crains que nous ne puissions pas voir grand chose du haut de notre brave tas de ferraille de dix étages.
A propos de chevalier j'ai le plaisir d'apprendre à ceux qui ne l'auraient pas lu dans la presse française que l'immense écrivain Terry Pratchett a été fait Chevalier pas Sa Très Gracieuse Majesté (enfin une nouvelle intéressante dans Britain Today), on est désormais pries de lui dire Sir. Et de le lire si on ne l'a pas déjà fait, et si on aime les mondes imaginaires.

vendredi 2 janvier 2009

TURLUTUTU - TOOT-TOOT

Des petites fêtes ont été organisées sur notre village flottant, comme il se doit, pour les nuits des 25 et 31 décembre. Pour Noël tout le monde portait un bonnet rouge à pompon blanc, pour la Saint-Sylvestre c'était un chapeau pointu.
Alcools à volonté offerts par la Compagnie, garantie de rires et de complicités sincères ou factices, c'est l'universelle loi du genre.
Pour que tout le monde à bord sans exception puisse se trouver au même endroit au même moment, la dernière minute de 2008 a réuni les 42 habitants du coin sur la passerelle autour de l'officier de quart qui n'aurait sous aucun prétexte pu quitter son poste. Et un toast à la Reine (celle des anglais, pas la notre) a rempli puis vidé les verres de champagne australien.
Particularité de notre état marin : notre sirène a vigoureusement proclamé la solennité de l'instant en mugissant dans la brume et la pluie tropicale, sans crainte de réveiller les habitants les plus proches qui se trouvent à des centaines de kilomètres. Je suppose qu'il en va de même sur tous les bateaux du monde entier. Ce qui, compte tenu des fuseaux horaires, fait un émouvant collier de coups de sirènes tout autour de la terre, pendant une longue nuit qui dure toute une journée.